J. S. Bach (1685-1750) : Motet BWV 230


Les motets, dont seul un tout petit nombre nous sont parvenus, occupent dans l'oeuvre de Bach une position particulière à bien des égards. Alors que la composition des cantates sacrées, passions et oratorios faisait partie des obligations de Bach en sa qualité de cantor de Saint-Thomas de Leipzig, les motets répondaient à des commandes pour des occasions spécifiques. On ne connaît les circonstances précises de composition que pour un seul d'entre eux, Der Geist hilft unser Schwachheit auf, exécuté pour des obsèques, mais l'on suppose, en se basant sur diverses sources et sur les textes utilisés par le compositeur, que d'autres motets étaient également destinés à être interprétés lors de semblables occasions.

On ne peut toutefois être certain que cela a été le cas du motet à quatre voix
Lobet den Herrn, alle Heiden dont l'origine des sources est incertaine. Seul motet sans choral, restreint à un seul choeur, il se présente comme un bloc unitaire, quoique tripartite, composé sur le Psaume 117. Par effet du texte – le Psaume 117 est constitué de deux versets seulement, outre l'Alleluia conclusif – l'organisation musicale est articulée en trois moments : une première section conçue comme une double fugue ; la suivante alternant homophonie et polyphonie, soulignant plus particulièrement certains mots-clés, tel "Ewigkeit", auxquels sont attribués des valeurs de durée exceptionnelle ; la conclusion enfin se développant sur un très brillant Alleluia.


Notes d'après Alberto Basso, dans
Jean-Sébastien Bach, tome II, Librairie Fayard, 1985 ; Thomas Seedorf, introduction pour Harmonia Mundi, 1996.



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