Bach (1685-1750) : Oratorio de Noël


Les oratorios de J. S. Bach (Oratorios de Pâques, de Noël, de l'Ascension) se distinguent des cantates par leur organisation textuelle. Alors que les cantates présentent un caractère contemplatif, les oratorios s'individualisent par leur aspect narratif. Comme dans les Passions, un ténor remplit le rôle de l'Évangéliste. Cependant, leur structure s'apparente aux cantates d'église. Si les oeuvres en question étonnent parfois l'auditeur, c'est que celui-ci a tendance à se référer à la conception des oratorios de Haendel qui empruntent leur esthétique au monde de l'opéra et développent un sens du spectacle, un sens du drame qui n'existe pas chez Bach. Les oeuvres de Haendel se destinent au théâtre alors que celles de Bach s'intègrent à l'office religieux. Cela détermine certaines exigences, notamment au niveau de la durée des oeuvres. Ainsi cette considération pratique justifie l'organisation en six parties de l'
Oratorio de Noël.

Il ne faut donc pas considérer l'
«Oratorio Tempore Nativitatis Christi» comme une juxtaposition de six cantates. Bien que morcelée en six parties, il s'agit bien d'une seule et même histoire, celle de la naissance de Jésus qui débute par le recensement de Bethléem et se termine par l'adoration des Rois Mages. La force de cet oratorio provient en partie de la concentration de son texte qui puise amplement aux Évangiles selon saint Luc et saint Matthieu. Dans ce contexte, les récitatifs de «l'Évangéliste», personnifié par la voix de ténor qui assume les citations des Écritures, jouent le rôle de fil conducteur. La structure de l'ouvrage provient de ce que Bach ne prévoit pas une exécution des six morceaux consécutivement mais qu'il les répartit sur les six fêtes du temps de Noël : Premier jour de Noël (25 décembre 1734) : recensement de Bethléem et naissance de Jésus ; deuxième jour de Noël (26 décembre) : annonciation aux bergers ; troisième jour de Noël (27 décembre) : adoration des bergers ; Nouvel An (1er janvier 1735) : circoncision de Jésus ; dimanche après le Nouvel An (2 janvier) : arrivée des Rois Mages à Jérusalem ; Épiphanie (6 janvier) : adoration des Rois Mages.

Seules les trois première cantates ont fait l'objet du concert du 18 décembre 2008.


Notes d'après
Guide de la Musique sacrée et chorale profane, Éd. Fayard



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