Johannes Brahms (1833-1897)


Elf Zigeunerlieder, op. 103 (1887)


Ces onze chants ont été composés sur des airs populaires tziganes, chansons d'amour qui avaient été publiées au nombre de vingt-cinq en un recueil paru à Budapest chez l'éditeur Rozsavölgyi. Cette version n'était qu'une transcription textuelle pour une voix avec accompagnement de piano très simple de Zoltan Nagy. Une traduction allemande en avait ensuite été publiée par le viennois Hugo Conrat. C'est dans cette dernière version que Brahms choisit les onze chants réunis sous le nom de Zigeunerlieder. Si l'ensemble ne constitue pas un cycle, chacune des pièces étant absolument indépendante, il y a là toutefois un caractère commun, ou plutôt un thème commun, qui est l'amour.

Brahms réécrit complètement les accompagnements, en s'efforçant toutefois d'exploiter les caractères particuliers à la musique tzigane qui l'avaient séduit dans ces chants populaires, à savoir l'emploi de rythmes irréguliers : celui, systématique, de la syncope, et l'évocation des instruments tziganes, spécialement du cymbalum. Le compositeur en donnera une première audition privée à Vienne en avril 1888, accompagnant lui-même un quatuor vocal. Les
Zigeunerlieder ont, dès leur publication, un énorme succès dans toute l'Europe. Ils sont créés très rapidement en France où ils seront souvent donnés, à l'époque, dans une traduction française, et connaissent également une grande vogue à Budapest dans une version hongroise retraduite de l'adaptation allemande.


D'après Claude Rostand, Brahms, Librairie Fayard, 1978.



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