Anton Bruckner (1824-1896)


A propos des Motets « Locus iste », « Ave Maria », « Christus factus est »


Les Motets d'Anton Bruckner, nombreuses et courtes pièces ne dépassant qu'exceptionnellement les cinq minutes de durée, couvrent esthétiquement toute la carrière créatrice du compositeur. Ils se rattachent à la fois au mouvement cécilien, marqué par un assainissement et un renouvellement de la musique sacrée par référence au style de la Renaissance, et à un langage harmonique manifestement hérité de Wagner. La piété, la foi chrétienne s'y expriment à travers des formes simples, et le texte latin y est régulièrement employé. Tout d'abord organiste du monastère de Saint-Florian (1845-1855), puis de la cathédrale de Linz (1856-1868), occupant des fonctions liturgiques, Bruckner devait tout naturellement composer pour le choeur des pièces à caractère liturgique.

C'est à l'occasion du 16e anniversaire de la Chorale Frohsinn, dont il est le directeur, que Bruckner écrit son
Ave Maria, partition a cappella pour sept voix en fa majeur créée le 12 mai 1861. Le graduel Locus iste en ut majeur est la première oeuvre religieuse écrite par Bruckner à Vienne, où il est nommé professeur et organiste de la Cour dès 1868. Sa première audition a lieu toutefois sur la place de la cathédrale de Linz le 29 octobre 1869. Quant au graduel Christus factus est, Bruckner l'avait déjà mis en musique à deux reprises avant une dernière version en ré mineur pour quatre voix a cappella qui appartient au groupe des motets de la pleine maturité du compositeur. Elle fut créée à Vienne le 9 novembre 1884.

Notes d'après Jean-Yves Bras, introduction pour Harmonia Mundi, 1990 ; François-René Tranchefort,
Anton Bruckner, dans Guide de la musique sacrée et chorale profane, de 1750 à nos jours, Librairie Fayard, 1993


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