Joseph Haydn (1732-1809) et le Stabat Mater


Né dans une famille modeste de douze enfants – dont son cadet Michael qui deviendra lui-même compositeur – Joseph entre dans la carrière musicale grâce à sa voix : il devient petit chanteur à la cathédrale de Vienne. Il rencontre le célèbre compositeur Porpora, qui lui enseigne la composition et sa méthode de chant. Ses premiers quatuors à cordes établissent sa réputation parmi l’aristocratie viennoise. En 1761, il entre au service des princes Eszterhazy et y restera jusqu’en 1790, composant pour ses employeurs presque tous ses opéras et de nombreuses œuvres symphoniques ou de chambre.

La production vocale de Mozart culmine dans l’opéra, celle de Haydn dans la musique religieuse qu’il compose tout au long de sa vie : quatorze messes, des oratorios, dont la
Création (1798) et les Saisons (1801). L’œuvre la plus importante après les messes et les oratorios est le Stabat Mater qui date de 1767. C’est l’œuvre de Haydn qui connut la plus large diffusion en Europe avant la Création. Johann Adolf Hasse, plus haute autorité de l’époque en matière de musique vocale italienne, la couvrit d’éloges.

L’année 1767 se situe au début de la période « Sturm und Drang » de Haydn, caractérisée par un usage plus fréquent du mode mineur, des sonorités inhabituelles, des harmonies recherchées, un subjectivisme très poussé, avec une économie de moyens tout aussi remarquable. L’orchestre du
Stabat Mater ne comprend, outre les cordes et la basse continue, que deux hautbois remplacés, dans deux numéros, par des cors anglais au son doux et mélancolique1.

Notes d’après
Guide de la musique sacrée et chorale profane, éd. Fayard.

1 Il s’agit de l’instrumentation originale de Haydn. Sigismond von Neukomm, élève de Michael Haydn, a réalisé (avec l’accord du compositeur) une orchestration plus fournie avec flûte, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, 3 trombones et timbales.


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Saison 15-16