Mendelssohn (1808-1847) — Ave Maria


On associe en général le nom de Mendelssohn au Songe d’une Nuit d’Été et à son Ouverture qu’il écrivit à l’âge de 15 ans, à quelques œuvres symphoniques, des ouvertures et un concerto pour violon. Or la musique religieuse, de loin la part la plus importante de son œuvre, est le reflet d’une foi profonde et sincère. La famille Mendelssohn, d’origine juive, se convertit au christianisme et le jeune Félix est baptisé à l’âge de sept ans. Il est profondément chrétien – chrétien dans sa croyance, ses œuvres, sa pratique de la justice et de la charité. Sa foi transparaît au travers de sa musique, calme et pure, sans excès de mysticisme. Sa correspondance révèle souvent un besoin intérieur d’écrire de la musique religieuse : «J’ai écrit des pièces sacrées seulement parce que j’en sentais le besoin, juste comme une impulsion irrésistible fait lire un certain livre – fût-ce la Bible – et qu’on éprouve de la joie en le lisant».

Au cours de sa formation musicale à Berlin, il découvre les œuvres de Bach et de Haendel, pratiquement oubliés depuis leur mort, et en est impressionné. À 20 ans, il ressuscite la
Passion selon saint Matthieu en la dirigeant à Berlin.

La musique religieuse de Mendelssohn – psaumes, oratorios comme
Elias ou Paulus – est avant tout destinée à la salle de concert, peu d’œuvres sont destinées au culte. L’Ave Maria fait partie d’un recueil de trois motets, Kirchenmusik (Musique d’église). Cet op. 23 est la première œuvre religieuse publiée par le compositeur en 1832. Dans cette prière à la Vierge, composée à Vienne, le protestant Mendelssohn, œcuméniste avant l’heure, exprime avec légèreté et grâce la nostalgie que le culte marial, aboli dans la religion réformée, inspirait aux romantiques allemands. L’Ave Maria est écrit pour solistes, chœur à huit voix et basse continue; d’une simple basse chiffrée dans la première édition, on passe dans la deuxième édition à une partie d’orgue ou à un petit ensemble instrumental regroupant deux clarinettes, deux bassons, violoncelles et contrebasses. C’est cette version qui a été choisie.


Notes d’après Guide de la musique sacrée et chorale profane, éd. Fayar

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