Carl Nielsen


Compositeur danois né en 1865 et mort en 1931, Carl Nielsen est relativement peu connu chez nous. On connaît de lui une ou deux symphonies –
l'Inextinguible et les Quatre Tempéraments – , mais guère plus. il a pourtant touché à tous les domaines de la musique.

Nielsen étudie le violon à Copenhague, parcourt l'Europe (Allemagne, Autriche, France, Italie), devient violoniste au Théâtre Royal, puis chef d'orchestre dans ce même théâtre et au Musikforeningen. Nommé professeur au Conservatoire royal en 1915, il en devient le directeur en 1931.

Il commence à composer à l'âge de 23 ans. Très vite, en réaction au conservatisme de Niels Gade, un autre compositeur danois, il écrira dans un style qui lui sera toujours très personnel. On peut le comparer dans son évolution à son contemporain finlandais Jan Sibelius.

Nielsen écrira en tout six symphonies, de nombreuses pièces instrumentales, en particulier pour le violon et le piano, des concertos pour divers instruments, deux opéras –
Saul og David, au tournant du siècle, et Maskarade – de la musique de chambre, des oeuvres pour choeur et orchestre, parmi lesquelles Hymnus Amoris, écrit en 1895-96.

A propos de Hymnus Amoris


Première grande oeuvre vocale d'un compositeur de 30 ans, sa conception remonte même aux années 1890-91, époque où Nielsen voyage en Itale et y épouse une femme sculpteur rencontrée au cours de ses pérégrinations en Europe. Vivement impressionné par un tableau du Titien, il se demande s'il serait possible de représenter artistiquement les diverses formes d'expression de l'amour. Hymnus Amoris est une réponse à cette question.

L'idée de Nielsen est de célébrer la puissance et la force de l'amour et son évolution au travers des différents âges de la vie - enfance, jeunesse, force de l'âge et vieillesse. Il demande au poète Axel Olrik de mettre en mots ses idées et au philosophe J.L. Heiberg de traduire le poème en latin. Nielsen pense en effet que le latin donnera à son oeuvre un caractère plus imposant, qu'il est plus facile à chanter qu'une langue moderne, danois ou allemand, et surtout qu'il supporte beaucoup mieux les répétitions de texte.

Écrite pour quatre solistes - soprano, ténor, baryton et basse - choeur d'enfants, choeur mixte et orchestre, l'oeuvre se construit autour d'un grand thème très lyrique qui la traverse de part en part. Ses grands mouvements polyphoniques, ses fugues donnent à
Hymnus Amoris un caractère quasi religieux, où Amen serait remplacé par Amor.



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