Arvo Pärt (* 1935) - Berliner Messe


Compositeur estonien né en 1935, Arvo Pärt étudie la composition au Conservatoire de Tallin. Il travaille comme ingénieur du son à la radio estonienne jusqu’en 1967. Une de ses premières oeuvres, Meie Aed (Notre jardin, 1959) le fait connaître dans toute l’Union Soviétique. Jusqu’en 1968, il compose beaucoup, ses influences sont multiples : néo-classicisme russe, modernisme occidental, … Mais ses recherches trop «occidentales» ne sont pas toujours du goût des autorités en place et il subit une certaine censure.

Pendant cinq ans, de 1968 à 1973, il s’impose le silence et se consacre à l’étude des musiques française et franco-flamande des XIVe, XVe et XVIe siècles, de compositeurs comme Machaut, Ockeghem ou Josquin des Prés. Il se tourne aussi vers le plain-chant et l’organum médiéval qu’il va utiliser comme «modèle».

En 1976, une courte pièce pour piano,
Für Alina, marque le début de la «seconde manière» d’Arvo Pärt, le «style tintinnabule» qu’il explique ainsi : «Je travaille avec très peu d’éléments – une ou deux voix seulement. Je construis à partir d’un matériau primitif – avec l’accord parfait, avec une tonalité spécifique. Les trois notes d’un accord parfait sont comme des cloches. C’est la raison pour laquelle je l’ai appelé tintinnabulation». Parmi les oeuvres les plus connues dans ce nouveau style figurent Fratres et Tabula Rasa. Une autre particularité de la production musicale d’Arvo Pärt «seconde manière» est l’omniprésence du caractère sacré, que les oeuvres soient destinées à l’orchestre ou à la voix.

Victime de la censure, Arvo Pärt quitte son pays avec sa famille en 1980 et s’installe d’abord à Vienne, où il obtient la nationalité autrichienne, puis à Berlin, où il réside toujours.

La
Berliner Messe est une commande du 90e congrès Katholikentages de Berlin. Elle a été créée le 24 mai 1990 à la cathédrale Sainte-Edwige de Berlin. D’abord écrite pour quatre voix solistes et orgue, elle a été révisée en 1992 pour choeur et orchestre à cordes. Elle utilise le style «tintinnabule». Aux numéros habituels de la messe, Pärt ajoute, entre le Gloria et le Credo, deux Alleluia et un Veni Sancte Spiritus, cette messe étant destinée à la fête de Pentecôte.



Notes d’après Guide de la Musique sacrée et chorale profane, éd. Fayard, fr.wikipedia.org

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Saison 12-13