Henry Purcell (1659-1695)


L’anthem (antienne) est à Purcell ce que la cantate est à Bach, une forme non figée et ouverte à toutes sortes de modifications, un terrain de recherches et d’expériences compositionnelles. On en compte actuellement près de 230 qui lui sont attribuées. Les premières relèvent du style polyphonique de la full anthem, qui comprend obligatoirement des choeurs écrits dans un style polyphonique plus ou moins archaïque. Par opposition, la verse anthem, très en vogue à l’époque, fait appel à des solistes qui concertent avec les choeurs. Dans les deux genres, l’accompagnement peut se réduire à l’orgue seul ou faire appel aux instruments. Une verse anthem comprend, en général, une symphony dans le style des ouvertures à l’italienne ou à la française introduisant une alternance de soli accompagnés à l’orgue ou aux instruments, de versets pour un ensemble de solistes, de choeurs coupés de ritournelles instrumentales, et un choeur final. Les sources des textes des anthems varient selon les cas; très souvent Purcell agence lui-même des versets provenant de psaumes divers ou des textes de l’Écriture sainte au sein d’une même anthem.

Behold, I bring you glad tidings, qui appartient à la catégorie des verse anthems, date de 1687. D’après son texte tiré du chapitre 2 de l’Évangile selon St Luc, nous pouvons être sûrs qu’elle a été écrite pour le Noël de la Chapelle royale. Curieusement, c’est la seule anthem de Purcell composée spécifiquement pour la Fête de Noël. On en a retrouvé le manuscrit dans plusieurs cathédrales et bibliothèques d’Angleterre, ce qui laisse à penser quelle a été une oeuvre très populaire.

Notes d’après Guide de la Musique sacrée et chorale profane, éd. Fayard

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