Rossini (1792-1868) – Stabat Mater


Né le 29 février 1792 à Pesaro, Gioacchino Rossini apprend très tôt le piano, le cor et le chant. À quatorze ans, il entre au Liceo musicale de Bologne et s'y perfectionne en contrepoint auprès du padre Mattei. Il triomphe en 1813 avec, notamment, l'opéra
l'Italienne à Alger. Son style est parvenu à maturité, sa gloire internationale. En 1829, à trente-sept ans, Rossini, à l'apogée de sa gloire, prend sa retraite. Il n'écrira plus – comme oeuvres importantes – que son Stabat Mater (1831), quelques pièces pour piano et voix et la Petite Messe solennelle (1863). Il meurt à Paris en 1868.

Le
Stabat Mater ne prétend ni édifier les fidèles ni assurer le salut éternel à son auteur. Rossini écrit dans la langue qui est la sienne et ressemble fort à celle de l'opéra : en décidant de mettre en musique cette séquence médiévale dramatique entre toutes, il avait déjà choisi le théâtre contre l'église.

La gestation de l'oeuvre est rocambolesque. Rossini la met en chantier en 1831 pour rendre service à Don Francisco Fernandez Varela, sous la condition qu'elle reste la propriété exclusive du prélat espagnol et ne soit jamais publiée. Forcé au repos par un lumbago violent, il n'achève que six numéros et c'est Giovanni Tadolini, ancien élève comme lui du padre Mattei à Bologne qui se charge de la terminer. Le
Stabat Mater de Rossini et Tadolini est donné une seule fois, le Vendredi saint de 1833, à Madrid. Après cela, Rossini se retire à Bologne et cesse complètement de composer.

En 1837, Varela meurt et ses héritiers cherchent à vendre la partition. L'éditeur Aulagnier l'obtient contre 6'000 francs, mais Troupenas, éditeur habituel de Rossini, n'entend pas en rester là : le compositeur vient de révéler que tout n'était pas de sa main, et, craignant de voir publier sous son propre nom la musique d'un autre, a remis l'ouvrage sur le métier. Il dissuade par ailleurs Aulagnier d'entreprendre son projet, en le menaçant d'un procès sans précédent.

Le 7 janvier 1842, le
Stabat Mater est finalement créé intégralement et accueilli triomphalement au Théâtre des Italiens, avec un plateau prestigieux. Après cela, il part en tournée glorieuse dans les grandes villes européennes, et s'arrête à Bologne pour la première en Itale, dirigée par Donizetti. L'accueil dépasse toutes les espérances et une foule enthousiaste vient acclamer le compositeur sous les fenêtres de son appartement, le soir de la générale comme celui de la première.


Notes d'après Guide de la Musique sacrée et chorale profane, Éd. Fayard



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