Schumann (1810-1856) – Requiem


Fils d’un libraire, Schumann grandit parmi les livres, apprend le piano, mais sa vocation première est la littérature. Après de brèves études de droit, il se consacre finalement à la musique. Presque autodidacte, il étudie avec F. Wieck, mais la paralysie d’un doigt met fin à ses ambitions de virtuose et le
pousse vers la composition. Jusqu'en 1840, il se consacre uniquement au piano, composant une grande quantité de pièces brèves, chefs-d’œuvre du piano romantique. À partir de cette date, il explore tous les genres musicaux. En 1841, Mendelssohn dirige sa première
Symphonie. Jusqu’en 1843, c’est la période heureuse de Schumann, car dès l’année suivante, il ressent les premières atteintes d’un mal qui finira par l’emporter, après de terribles alternances de crises psychiques et de rémissions. La dépression, l’absence d’inspiration alternent avec des périodes créatrices intenses. Il passera les deux dernières années de sa vie dans un asile, après s’être jeté dans le Rhin.

Dès 1835, Schumann et Mendelssohn se vouent une amitié réciproque. Presque toute l’œuvre chorale de Schumann reflète l’admiration qu’il porte à l’auteur de
Paulus et Elias qu’il considère comme le dépositaire de l’héritage de Bach. On sait peu de chose sur la naissance du Requiem op 148, sinon qu’il l’a écrit en un temps record, douze jours pour l’esquisse et cinq jours pour l’orchestration, et qu’il est achevé le 23 mai 1852. Schumann ne l’entendra pas de son vivant, la création n’aura lieu qu’en novembre 1864, huit ans après la mort du compositeur. L’orchestration, qui évoque souvent la musique de chambre, ainsi que l’atmosphère générale de l’œuvre préfigurent davantage le Requiem de Fauré que celui de Verdi.



Notes d’après Guide de la musique sacrée et chorale profane, éd. Fayard


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