Giuseppe Verdi (1813-1901) – Requiem


Verdi a toujours voué une immense admiration au grand poète Alessandro Manzoni qu'il considère comme l'un des écrivains phares du romantisme italien. Lorsque celui-ci meurt le 22 mai 1873, Verdi est effondré. Dès le lendemain, il propose à son éditeur Giulio Ricordi une oeuvre pour honorer la mémoire du disparu. La
Messa da Requiem est déjà dans ses pensées. En fait, elle est, sinon écrite, du moins élaborée en grande partie : elle sera de grandes dimensions, grand orchestre, choeur important, et exigera quatre voix solistes.

Le 10 avril 1874, Verdi remet sa partition à son éditeur. Le 22 mai, juste un an après la mort de Manzoni, a lieu la première de la
Messa da Requiem à l'église San Marco de Milan, dirigée par Verdi lui-même, puis trois jours plus tard elle est donnée à la Scala de Milan. Le triomphe est immense. Le compositeur part avec son oeuvre et ses solistes à l'assaut de l'Europe : Paris, Londres et Vienne. Il y obtient partout le même succès, un succès qui ne doit rien au hasard. Verdi y a égalé ses plus beaux chefs-d'oeuvre pour le théâtre.

Théâtral ou religieux, ce
Requiem ? Verdi lui-même se préoccupait peu d'une telle question, lui qui avait à l'égard de la religion une attitude ambiguë, marquée à la fois de respect, de conservatisme et d'incrédulité. Dans son Requiem, il passe, comme les personnages de ses opéras, de l'espoir à la peur, de l'apaisement à la révolte. Il l'a écrit pour les vivants, et non pour les morts, – et encore moins pour Dieu. Et l'oeuvre, de ce point de vue, n'est pas théâtrale : elle n'est que profondément humaine.


Notes d'après Guide de la Musique sacrée et chorale profane, Éd. Fayard



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